Gérez efficacement les différents types de zones d’un espace de coworking : Créer une harmonie

Quelles zones prévoir dans votre espace de coworking ? Typologie complète, ratios m²/poste et conseils de terrain pour aménager et rentabiliser chaque zone.


Un espace de coworking bien conçu combine plusieurs familles de zones : des zones de travail (open space, postes dédiés, bureaux privatifs, phone box), des zones de réunion et de créativité, des zones de vie (accueil, bar, cuisine, détente) et des zones de services (casiers, stockage, parking). Chacune répond à un besoin précis de vos coworkers — et chacune a sa propre logique de rentabilité, d'aménagement et de gestion. Voici la typologie complète, avec nos conseils de terrain pour dimensionner, aménager et piloter chaque zone.

On pourrait dire qu'il existe une infinité de typologies de zones à gérer dans un espace de coworking. Il suffit de faire appel à votre créativité, à vos goûts et à vos envies — dans cet ordre-là bien sûr ! Mais avant tout, en prenant en compte les besoins de vos futurs clients. Et si vous exploitez plusieurs lieux, l'organisation de ces zones se pense à l'échelle du réseau : découvrez comment gérer un réseau de plusieurs espaces de coworking. Pour situer ces zones dans leur contexte, jetez aussi un œil aux différents types d'espaces de coworking.

Les zones de travail : le cœur productif de votre espace

L'open space commun

Le poumon de votre espace ! La zone la plus productive : c'est ici que les coworkers, nomades ou fixes, passeront le plus de temps. Les postes de travail doivent y être assez grands pour rester confortables une journée entière. Inutile de commander des fauteuils de gamers, mais prévoyez tout de même un budget raisonnable — les chaises de la cuisine de votre grand-mère ne suffiront pas !

Programmez des cassures visuelles (rideaux, étagères, couleurs), de la végétation, des armoires. Si vous pouvez faire appel à un professionnel de l'aménagement et de la décoration, c'est ici qu'il doit intervenir en priorité. L'open space est aussi l'une des zones les plus délicates à réussir, notamment sur le plan acoustique : nos conseils pour maîtriser le bruit en open space.

Les postes dédiés

Solution intermédiaire entre le bureau privatif et l'open space : chaque utilisateur dispose de son poste attitré, ce qui installe une routine rassurante tout en conservant l'interaction avec les autres coworkers. C'est aussi un excellent produit d'appel pour faire monter en gamme un nomade régulier.

Les bureaux privatifs

Étrangement, ces zones seront les plus rentables de votre espace, mais aussi les plus simples à aménager. Meublez-les de façon confortable mais relativement neutre, afin que les entreprises qui les occupent puissent se les réapproprier. Choisissez vos bureaux avec soin — une largeur minimale de 125 cm est conseillée — et prévoyez casiers, lampes et armoires selon la place disponible.

Selon votre concept, comptez de trois mètres carrés par poste pour les versions les plus économiques à dix mètres carrés pour les traitements les plus agréables. Vous avez tout intérêt à proposer une zone relativement dense, car vos clients pourront choisir de « dé-densifier » : une zone de 6 postes de 30 m² deviendra un bureau de 4 postes, soit 7,5 m² par poste. Le nombre de postes change, mais pas la rentabilité — l'abonné conserve la possibilité d'aménager les 6 postes que vous lui facturez. Prévoyez en contrepartie des espaces de stockage pour le matériel complémentaire.

Les phone box

Ou boîtes à téléphone en bon français : vos cabines pour confiner le plus bruyant des commerciaux ou le plus discret des collaborateurs. Une fois n'est pas coutume, faites-les les plus petites possible — la taille idéale est celle d'une cabine téléphonique, avec de quoi poser un carnet, et surtout pas de chaise (au mieux un tabouret haut). Plus grandes et plus confortables, vos coworkers s'en empareront comme d'isoloirs personnels pendant des heures. Prévoyez un confort pour 5 à 15 minutes, la durée moyenne d'un appel en entreprise, et soignez l'insonorisation.

Le studio de prise de vue et de visioconférence

Avec une population de startups digitales, cette zone devient vite indispensable. Vous pouvez la mutualiser avec une salle de réunion classique en prévoyant un équipement mobile. L'investissement reste minimal — comptez entre 1 000 € et 5 000 € selon la technologie — et se rentabilise par la monétisation interne et externe.

Les zones de réunion et de créativité

Les salles de réunion classiques

Quel que soit le type de coworking que vous envisagez, les salles de réunion sont un impératif. Même si votre espace est mini, il vous en faut au moins une : travailler à deux ou plus en plein open space, c'est s'exposer aux regards accusateurs — et imposer aux autres une conversation qui ne les concerne pas. Et ne croyez pas que la cuisine pourra jouer ce rôle ! Vous pouvez rester sobre ou pousser jusqu'à des thématiques de décoration : c'est mieux, mais c'est plus cher. Trouvez le bon équilibre pour vous et vos clients.

Les salles de brainstorming, war rooms et zones de créativité

Faites rugir les cerveaux de vos coworkers ! C'est en plus un espace que vous pourrez louer à l'heure ou à la demi-journée aux entreprises voisines, friandes de changement de cadre pour leurs formations et sessions d'idéation. Prévoyez une capacité d'au moins 8 personnes, cassez les codes — multipliez les typologies d'assises et les couleurs — et trouvez un concept mémorable : classe à l'ancienne, vaisseau spatial, atelier de peintre, cave à vin… Peu importe, pourvu que vos visiteurs se souviennent d'y avoir passé une journée. Si votre salle est « instagramable », vous avez atteint votre objectif.

La salle de conférence et les espaces événementiels

À partir de 200 postes environ, vous pouvez envisager un espace de conférence de 25 places ou plus, à vocation principalement externe : location aux entreprises du secteur, avec un usage complémentaire pour vos coworkers. Attention toutefois à la rentabilité : ce type d'espace vous contraint à pousser activement des offres de location exogènes, et donc à y allouer des ressources humaines — gestion et préparation des salles, promotion en ligne, prospection. Pour attirer ces clients externes, votre visibilité locale compte double : voyez comment lancer la commercialisation de votre espace.

Les zones de vie : là où naît la communauté

La zone d'accueil, le lobby

C'est le passage obligé de tous les coworkers et de tous vos visiteurs. Ne la cachez pas — et puisqu'elle est visible, apportez-y un soin tout particulier. Rien de pire que de découvrir un espace en arrivant directement sur le poste d'un coworker ; je vous assure, c'est du vécu, et la rentabilisation des mètres carrés n'excuse pas tout ! Imaginez entrer dans une galerie d'art par l'arrière-boutique, ou dans un hôtel directement par une chambre… Cette zone donne la première impression : traitez-la comme un commerçant soigne sa vitrine.

Le bar du coworking

Ma zone préférée ! Une fois devant votre plan d'espace, explorez toutes les possibilités pour y intégrer un bar. Il cumule les fonctions — bar, aire de travail ponctuelle, zone d'échange — et c'est l'endroit suprême pour créer « l'atmosphère » de votre coworking. Bien souvent, vous pourrez le mixer avec votre lobby d'accueil : avouez qu'un joli bar, une belle machine à café et des coworkers qui échangent ont plus de cachet qu'un poste de réception classique. Intégrez-y votre identité graphique : logo, slogan, gimmick.

Le café, la tisanerie, la cuisine

Des lieux de passage et de convivialité, d'échanges informels. Ne lésinez pas sur la décoration : après l'accueil, le bar et l'open space, ce sont les zones les plus fréquentées de votre coworking. Ce sont LES zones de « fertilisation croisée » par définition — c'est ici que vos coworkers se rencontrent, se découvrent, et qu'un concept clé du coworking prend vie : la communauté.

Le restaurant

Pour les lieux à partir de 150 postes, pensez à intégrer une zone de restauration, ou au moins un espace de snacking. Confiez-en la gestion à des professionnels — restaurateurs ou conciergeries d'entreprise. C'est un projet dans votre projet, avec ses contraintes propres d'hygiène et de rentabilité : ne cherchez pas à tout faire, être restaurateur est un métier.

Les zones de détente et le mini salon

Mixable avec l'espace café si vous n'avez pas de bar, cette zone peut même être installée dès l'entrée, visible depuis l'extérieur, pour « brouiller » les codes. Un espace de coworking est bien plus qu'un lieu de travail : c'est un cadre de vie. Vos coworkers vous remercieront de pouvoir se retrouver devant une partie de foot sur PlayStation pour se défouler et repartir du bon pied. Fauteuils confortables, hamacs, bulles de sieste : à vous de doser selon votre concept.

La bibliothèque

Un vrai coin lecture, ou de simples étagères disséminées dans l'open space, suffisent à agrémenter l'espace. Au-delà de l'esthétique, le choix des ouvrages joue sur la cohérence entre votre concept et votre clientèle. Privilégiez un mix entre lectures pro et perso — un livre de voyage, tout le monde aime ! Top du top : confiez la composition de votre bibliothèque idéale à un éditeur freelance ; une à deux journées de prestation, pour un résultat qui vous distinguera durablement.

La terrasse, le jardin, le rooftop

Qui a dit que l'on devait systématiquement travailler en open space couvert ? Selon votre géographie, une zone extérieure pourra servir de poste de travail plusieurs mois par an — et d'espace de respiration toute l'année. Attention à la législation du travail : si vous souhaitez exploiter cet espace comme bureau une partie de l'année, il devra être non-fumeur.

Les zones de services : les indispensables discrets

Les casiers personnels

Dès que vous proposez des postes nomades, les casiers personnels deviennent impératifs. Fermeture par code, cadenas, badge ou smartphone : peu importe la technologie, l'essentiel est que vos coworkers se sentent chez eux et puissent y laisser quelques affaires.

Les zones de stockage et la réserve

Pour vous comme pour vos clients : certaines entreprises ont des besoins de stockage en matériel ou en documents. Ce sont souvent des revenus complémentaires non négligeables pour des surfaces à très faible valeur ajoutée.

Les parkings

Quelle que soit votre localisation, c'est bien souvent l'une des premières prestations complémentaires demandées ! Prévoyez-en suffisamment selon votre typologie de clients et votre emplacement — ou jouez la carte du sans-parking, en vous sécurisant par un partenariat avec le stationnement public du quartier.

Les toilettes

Comme au restaurant, la perception de votre espace passe aussi par la qualité et la propreté de vos sanitaires. Faites-en un moment décalé, avec une décoration forte — et servez-vous-en comme emplacement de communication pour vos événements.

Le coin fumeurs

Que vous soyez pour ou contre, vous n'aurez pas le choix : sans espace dédié, les fumeurs préempteront une autre zone… ou la porte d'entrée de votre espace. Aménagez-le correctement — cendriers, bancs — pour qu'il reste agréable, même pour une minorité de clients.

Un bureau pour votre équipe

Cette zone n'est pas forcément utile si vous optez pour une installation parmi vos coworkers — le meilleur moyen, à mon sens, de rester au contact de leurs besoins. Si vous résidez avec vos clients, prévoyez simplement un espace de stockage supplémentaire (deux mètres carrés suffisent pour la sono, le kit d'accueil et la papeterie). Et si vous aménagez un vrai bureau privé pour votre équipe, gardez en tête qu'il n'entrera pas dans la colonne chiffre d'affaires de votre business plan, mais dans les dépenses !

👉 Cette liste est loin d'être exhaustive : complétez-la avec des idées décalées pour personnaliser votre espace — toboggan intérieur, jardin zen, salle de bricolage, spa… Soyez créatifs !

Le space planning : l'art des arbitrages

La conception du « space planning » est l'une des étapes les plus importantes de votre projet. Pour chaque zone, reposez-vous ces trois questions :

  • Est-elle fondamentale pour mon concept, ou juste un plus ?
  • Est-elle utile à mes clients, ou est-ce un sujet de valorisation pour mon image ?
  • Sera-t-elle rentable ? Que prévoit mon business plan sur son taux d'occupation, comment vais-je l'amortir, comment sera-t-elle gérée ?

Le dimensionnement de chaque zone conditionne directement vos revenus : c'est tout l'objet de la politique tarifaire de votre espace de coworking, à construire zone par zone. Une fois lancées, ces zones devront évoluer avec vos clients, vos besoins et l'air du temps. Mettez-vous toujours à la place de vos futurs abonnés — ne restez pas uniquement dans votre position d'exploitant, c'est le meilleur moyen de créer un espace plat qui ressemblerait… à un autre immeuble de bureaux !

Gérer toutes ces zones au quotidien

Plus votre typologie de zones s'enrichit, plus sa gestion devient un défi logistique : qui a accès à quoi, quand, à quel tarif ? La clé réside dans la fluidité de passage entre les zones, pour que chaque coworker trouve l'endroit qui correspond à son besoin du moment.

Trois briques rendent cette gestion fluide :

  • La réservation en autonomie : vos membres réservent une salle de réunion, un poste ou une phone box à l'avance, sur des créneaux précis, sans solliciter votre équipe. Les quotas (gratuits, payants ou horaires) se mettent à jour automatiquement.
  • Le contrôle d'accès par zone : badges, applications mobiles ou codes, chaque profil d'accès définit les zones, horaires et jours autorisés — et sécurise l'ensemble de l'espace. Pour choisir la technologie adaptée, consultez notre guide du contrôle d'accès pour espace de coworking.
  • Le pilotage visuel : sur un plan 2D ou 3D du bâtiment, vous visualisez l'inventaire, le taux d'occupation et l'historique des contrats de chaque type de zone — et vous repérez d'un coup d'œil les zones sous-exploitées à faire évoluer.

C'est exactement ce que Tydeck automatise pour les gestionnaires : réservations, accès, facturation et occupation de chaque zone, dans une seule interface. Vos membres profitent d'une expérience sans accroc, et vous récupérez du temps pour ce qui compte vraiment — votre communauté.

En conclusion

Un espace de coworking réussi n'est pas une addition de mètres carrés, mais une composition de zones qui se répondent : des zones de travail dimensionnées pour la rentabilité, des zones de vie qui fabriquent la communauté, des services discrets qui fidélisent. Concevez-les pour vos clients, arbitrez-les avec votre business plan, et outillez-vous pour les piloter sans friction.

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